Entretien avec une coach en éducation canine !

J’ai eu le plaisir d’interviewer Coralie Boudinet, coach en éducation canine de son état.

Coralie Boudinet a 29 ans et vient de créer sa micro-entreprise “coach en éducation canine”.

(Bon, à la base je voulais inclure un podcast, mais Audacity m’a fait la désagréable surprise de planter… Il faudra donc vous contenter de cette retranscription de mémoire !)

Le but de cet entretien : en apprendre plus sur les différents métiers du chien. Vous vous intéressez aussi à cette question ? Alors attachez vos ceintures, c’est parti pour une investigation spéciale Chien Ludique !

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Formation

 

Toujours intéressée par les métiers du chien, de l’éducation à l’élevage, elle a voulu très jeune travailler dans cette branche. Mais ses parents ne voyaient pas les choses de la même manière… Elle a donc opté pour un bac pro, afin de pouvoir plus tard monter sa propre entreprise.

Quelques années plus tard, en 2017, elle quitte son emploi et part se former en Auvergne, dans le premier lycée français à proposer de véritables formations autour du chien. Elle obtient un financement par le biais du FONGECIF une semaine avant le début de sa formation.

Cette formation dure de huit à neuf mois (8 pour ceux qui ont le bac, 9 pour les autres) et tous les formateurs sont des professionnels du chien. Elle comprend de nombreuses notions :

-éducation canine

-comportement

-gestion d’un élevage (avec le cas très pratique de l’élevage de chiens du lycée)

-biologie poussée

-diversification des disciplines (Ring, Agility, Sauvetage…)

-apprendre à vendre ses prestations et ses produits

-création de site internet

-gestion

-droit

Et bien entendu, chien obligatoire pour apprendre ! Avec une évaluation de son chien à la fin de la formation. Les élèves apprennent à travailler avec leur chien, mais aussi avec ceux des autres élèves et ceux du lycée.

 

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Parcours

 

En juin 2018, son diplôme en poche, elle retourne en Normandie. Elle postule chez un éducateur dont les méthodes coercitives poussées à fond ne vont pas lui convenir : elle ne prendra pas le poste. Ne se sentant pas prête à lancer son entreprise, elle travaille en restauration.

Rapidement, elle part travailler dans un village vacances à thème “vacances avec son chien” pour une saison. Elle devient animatrice canine et propose des activités pour les chiens et leurs maîtres. Ces activités, qu’elle doit créer elle-même, sont soit directement pour les chiens, soit dans la thématique. Une association de personnes en situation de handicap passant par là également, elle s’essaie à la médiation animale.

Puis Coralie migre vers l’Alsace avec son conjoint qui va la pousser à créer enfin sa micro-entreprise. Coralie choisit le terme de coach en éducation canine pour pouvoir exercer en tant que micro entrepreneur libéral, car le terme d’éducateur canin appartient au domaine de l’agriculture et est moins intéressant. Car, si le métier n’est pas protégé en terme de formations (n’importe qui, avec une formation de quelques jours, peut se proclamer éducateur), les taxes savent s’y retrouver. Le terme de coach induit une action non pas sur l’animal, mais sur l’humain. Du coup, le comportementaliste relève du régime artisanal, celui d’éducateur canin du régime agricole.

 

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-Slurp.

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J’ai demandé à Coralie ce qui la distinguait des autres éducateurs, quelle était sa petite particularité, son petit plus.

 

“Le chien est le reflet de son maître. Il faut arriver à être franc avec les gens, mais sans leur rentrer dedans, sinon aucun travail n’est possible. Sans juger non plus. Il arrive à tout le monde de faire des erreurs. Il faut essayer de se remettre en question. Quelques fois, les gens disent : c’est mon chien qui a tel caractère… Mais on retrouve ce caractère chez le maître. Ce n’est pas dramatique.”

“L’humour est également très important. Dire la vérité, mais avec humour. Et les maîtres arrivent à plus de résultats quand ils comprennent ce qu’ils font, plutôt que d’appliquer des conseils sans savoir à quoi ça correspond.”

Coralie m’a confiée qu’on fait tous des erreurs. Plus jeune, elle a hérité d’un beagle de six mois, qui avaient ses propres problématiques. Or, ce chien s’est mis à souffrir d’hyper attachement. Coralie n’a pas su aider le chien à s’adapter et elle a même consolidé cette problématique par ignorance. Après des essais pour rectifier le tir, dont l’adoption d’un deuxième chien (ce qui n’a pas résolu le problème), elle a confié le beagle à une amie qui a un élevage de la même race. Et enfin ce chien s’est épanoui, heureux parmi des chiens de sa taille et avec une présence humaine H24.

Coralie a évidemment ressenti de la culpabilité, mais c’était la meilleure solution pour ce chien.

 

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J’ai profité de cette anecdote pour lui demander son avis sur le permis chien.

 

Le permis chien, déjà en place dans d’autres pays, est en fait une formation très courte qui donne toutes les informations nécessaires quand on a un chien. Elle est obligatoire pour pouvoir prendre un chien (dans les pays concernés). Pas encore en vigueur en France, le permis chien fait débat.

Coralie est pour, et ce pour plusieurs raisons :

-Ce permis évite les achats “caprices” ou “pulsions” car il rajoute une étape entre la volonté d’adopter et l’adoption en elle-même.

-Ce permis permet de responsabiliser les maîtres et aussi de limiter les abandons (la France ayant des chiffres très élevés en terme d’abandon).

-Il permet aussi de connaître le vrai coût d’un animal, que ce soit à l’achat mais aussi sur tout le budget (soins vétérinaires notamment).

-Il donne les bases des besoins primaires des chiens. Il y a encore des personnes qui pensent que le chien est comme nous, qu’il a les mêmes besoins, et qui ne comprennent pas pourquoi leur chien détruit les pieds de table à la maison alors qu’ils n’ont rien à mastiquer…

Evidemment, l’idéal serait qu’il ne coûte pas des 1000 et des 100. En tout cas, je suis bien d’accord pour la notion de donner des bases. Souvent, on croit savoir, et de ce fait, on ne prend pas la peine de se former…

 

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Quelles sont les principales qualités à posséder quand on fait ce métier ?

 

-Il faut être patient et doux.

Avec les chiens, pour que ceux-ci comprennent que l’éducation, c’est un bon moment, que les éducateurs sont chouettes.

Avec les humains, pour que le travail soit possible, pour pouvoir expliquer sans faire culpabiliser.

L’important étant de recréer une harmonie dans le couple humain-chien.

-Il faut également être patient. Certaines fois, ça va très bien marcher, on met des choses en place… Et quand on revoit les personnes, on se rend compte qu’on doit refaire, que l’exercice n’a pas été compris ou correctement appliqué la semaine.

Quelques fois, la difficulté sera d‘intéresser le chien. Certains ne sont motivés ni par la nourriture, ni par l’excitation du maître, il faut donc tout le temps changer de méthodes pour garder leur intérêt. Et quand le chien est bien installé dans ses (mauvaises) habitudes, ça peut devenir un vrai challenge de les changer si rien ne les motive.

-C’est pour cela qu’il faut également être conscient de ses propres limites. Quelques fois, on n’a pas les connaissances et il vaut mieux le dire : dire qu’on va se renseigner plutôt que d’improviser et de risquer de faire plus de mal que de bien. Quelques fois, le courant ne passe pas avec l’humain, ou encore avec le chien. Il faut se dire qu’on ne peut pas convenir à tous les duos humains/chiens.

Coralie raconte qu’en stage, un éducateur qui avait pourtant 15 ans d’expérience n’arrivait pas à cerner un chien. Il continuait d’avoir des réactions inattendues. Un coup, ça semblait marcher, un coup non… Et une relation malsaine risquait de s’installer. C’est pourquoi il ne faut pas hésiter à orienter les clients vers d’autres collègues si besoin, ou demander conseil :

Quand on travaille avec des chiens, on apprend toute sa vie.

-Ne pas aller dans les extrêmes : ni dans le coercitif ni dans l’éducation positive extrême. C’est bien de connaître les méthodes coercitives, de savoir qu’elles existent, mais de ne jamais les utiliser. Il existe aujourd’hui de nombreuses méthodes qui permettent d’éviter la coercition. De même, certains extrêmes disent qu’il ne jamais élever la voix sur un chien… Or, à moins que le chien soit un grand traumatisé, une grosse voix ne va pas lui faire du mal. Des fois, on doit rappeler au chien qu’on est là, et qu’il fait une bêtise sous nos yeux.

 

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Quel parcours conseillerait Coralie pour faire ce métier ?

 

-Passer par un centre de formation reconnu par l’Etat (9 mois de formation en général).

-Eviter les formations courtes.

Savoir ce qu’on veut, quelles méthodes travailler et celles qu’on veut éviter.

-Bien se renseigner sur les écoles pour ne pas tomber sur de vieilles méthodes à l’ancienne (coercitives… Clairement, la relation avec le chien est très différente : un chien habitué à ces méthodes sera plus craintif dans les exercices, c’est la peur de la punition qui va le dominer. A l’opposé, un chien devrait être oreilles en avant, joyeux pendant les exercices.)

-C’est un métier où il y a très peu d’embauche (et pas toujours dans les meilleurs endroits). Il faut donc créer son entreprise.

-Beaucoup de gens se lancent mais en ayant fait un minimum de formation (pour une attestation de capacité, 2 jours suffisent !) : une vraie formation longue, reconnue par l’Etat, est une vraie plus-value.

 

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Des projets pour le futur ?

 

Pour le moment, Coralie vient de lancer sa micro entreprise. Elle continue donc de travailler à côté, mais à terme elle souhaiterait créer un centre canin. Elle y proposerait de l’éducation canine, une garderie (plutôt à la journée qu’une pension de vacances) et des ateliers de médiation animale. Son projet ? Dresser les chiens à la langue des signes, afin que des personnes puissent communiquer avec les chiens par ce biais…

 

De quoi donner envie de la suivre un peu ! Si vous souhaitez en apprendre plus sur elle ou même vous faire coacher, rendez-vous sur sa page facebook !

Si cet article-entretien vous a plu, n’hésitez pas à le partager ! Si vous aussi vous souhaitez parler de votre métier “canin”, n’hésitez pas à me contacter 🙂 !

 

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